Lundi 31 Juillet 2006
Si on avait pris le parti de se foutre du temps
La chambre ne s'ouvre plus sur grand chose et les sacs sont presque prêts. Je pars demain matin, presque sept heures de train, puis encore un bus à attraper pour aller jusqu'au village.
Mes mains se perdent dans des gestes que personne ne comprend, pas même moi, mais tout est synonyme de peur. Tout commencera réellement mercredi, et je ne sais à quoi m'attendre.
Billets de train, chantier, Colmar, Strasbourg, bus, et puis Venise. Août va y passer.
Vendredi 08 Juillet 2005
Une chanson sans début Un début sans histoire Une histoire sans vécu Un vécu sans mémoire
Quand on est arrivés là-bas, on avait déjà des heures dans les pattes.
On s'était arrêtés dans un patelin, on a grimpé partout pour se défouler, tout en évitant les touristes belges et hollandais. Puis on est partis, en silence, plus ou moins. Là-bas, c'était les parkings dans les champs, les voitures à perte de vue, les caravanes et puis y'avait des dreads partout, vous savez, comme si on regroupait tous ceux qui en avaient au même endroit. J'ai oublié l'eau dans la voiture, mais c'était pas grave. On a trouvé quelque chose de meilleur à boire (mais au final on a quand même oublié une bière).
J'ai commencé à sautiller quand j'ai entendu Aldebert répéter, lui il connaissait pas alors il s'en foutait un peu. On s'est calés devant un groupe d'étudiants musicos avec des instruments bizarres (une poubelle ou une casserole, ou des trucs non-identifiables) et puis là. Lever là tête. Voir quelqu'un qu'on semble reconnaître. Oh, Aldebert qui prend la grande scène en photo deux mètres au-dessus d'ma tête...
Et puis. Les coups de fils. Les gens croisés. La course jusqu'à l'entrée parce qu'ils ont commencé à l'heure. Mon frère pouvait pas rentrer avec ses bières, j'étais déjà à l'intérieur. Il en a bu une, et planqué une autre (celle qu'on a oublié, donc).
Et puis. Aldebert, là, qui chante La femme de mon pote quand j'arrive en doublant tout le monde.
Et puis. Rester devant, guetter mon frère et les autres, fredonner parce que mine de rien je connaissais tout. Et puis. Il connaissait pas. Il a eu un sourire collé sur le visage tout le long.
Et puis. Retrouver les autres après des appels coupés.
Et puis. Attendre.
Et puis. Les Wriggles. Les rires, leurs chorés, leurs grimaces. Monter sur la pointe des pieds. Penser à Mélie quand ils chantent Papillons. Me cacher quand c'est Julie la ptite olive.
Et puis. Attendre. Autres joints, autres bières. Autres blagues débiles.
Et puis. La Rue Ké. S'avancer et pogoter tout le long. Je pensais pas trop connaître mais finalement. J'avais pas aimé l'album, et là. Là... Bordel y étaient chouettes.
Et puis. Attendre, plus longtemps encore. Confidences pseudo-romantiques derrière moi. Fous rires.
Et puis. Les Ogres. Et la Fanfare du Belgistan. Ils enregistraient le live alors ils s'appliquaient, ils ont dit. Être trop fatiguée pour retourner pogoter. Rester là, un peu loin, mais au moins mon petit mètre soixante ne souffrait pas des géants devant moi quand j'étais devant (c'est chiant d'être petite dans les concerts, mais bon on se faufile mieux, finalement). Pas trop connaître, enfin moins, ça dépendait. Et pour moi car ça me fait plaisiiiiir... un chat les chiens qu'aboient... Bref.
Et puis l'heure de route avec A. qui dit toujours n'importe quoi. Mon frère qui conduit à gauche (faut dire qu'on a croisé personne pendant l'heure, vive la campagne) et puis. Je sais pas. Il était presque trois heures, quand on est arrivés, on a parlé doucement et on n'était plus fatigués.
Et puis là. Là c'est le dernier matin ici.
Un café debout, entre la cuisine et ma chambre.
Raconter à maman. Sourire fort. Je pars tout à l'heure.