Votre identité svp
Des ailleurs
En arrière
A l'avant des balcons
L'autre matin je suis seulement descendue pour poster quelques lettres, rédigées fenêtre ouverte avec de grands bols de thé. J'avais besoin de dire autant que possible, cette fin d'été, ce que j'en retiens, ce que j'ai pu apprendre. Ce que j'ai appris.
Je mélange un peu les jours, Shakespeare lu dans une file d'attente d'une station de métro, la matinée d'amphi près de quelqu'un croisé par hasard, les parcours des personnes rencontrées, les prénoms au vol, le rendez-vous de midi et demi pour travailler à la BU qui était fermée alors il y a eu des marches au soleil. Je mélange un peu les jours, le tram vide sous la pluie pour rentrer, les programmes de théâtre à la médiathèque, le marché traversé le long de la Saône et l'envie de ces moments là.
Mercredi soir, elle avait les cheveux tressés qui accrochaient des perles, et des mots pour raconter autant que possible, des souvenirs, des détails, des impressions pêles-mêles, là, sur un bout de table. C'était bon de la retrouver enfin.
(Puis il y a eu des mots graves en fin d'après-midi, et le soir des éclats de rire qu'on retenait à peine, et puis, le petit-déjeuner partagé dans un demi-sommeil, les larmes aux yeux à midi. Et. Une voix au téléphone qui dit, j'ai une mauvaise nouvelle. Être toute petite.)
Très vite, ma soeur à la gare, la voiture de mon frère quelques heures plus tard, et dresser la table pour cinq sans savoir depuis quand ça n'était pas arrivé. Bien plus que longtemps.