Votre identité svp
Des ailleurs
En arrière
Et partir pour partir Je ne veux pas attendre Je ne veux pas attendre
On est rentrés tard, fatigués, pas à quatre sur la banquette arrière mais presque.
Le corps était lourd et bouillant, je n'avais pas de place pour
allonger mes jambes alors j'ai essayé de caler ma tête le mieux
possible. Mes cheveux n'étaient que cigarette.
Mon frère me devait de l'argent alors il m'a remboursée en bières ambrées, sauf la dernière parce qu'il était à sec. Vers
dix heures une petite fille touchait les poissons accrochés aux plafond
depuis les bras de sa mère. Je n'ai pas sautillé assez haut.

Je crois que la semaine se termine bien.
Après les secrets, l'intimitié naissante, une menthe à l'eau, une fleur placée dans les cheveux par ses mains de pianiste, des thés et des heures à lire, je respire un peu, prête à recommencer. Il fallait ce dernier sursaut, ce rythme, le corps qui déborde, cette énergie là depuis la scène. C'est étrange comme on se libère, comme les gestes deviennent souples, comme on ferme les yeux pour mieux comprendre le son dans la cage thoracique. C'est étrange cet éclatement qui se passe, cette rupture avec le reste pour n'être plus qu'un danseur parmi les autres, à applaudir haut et continuer malgré la fatigue, parce qu'on veut l'oublier.