Votre identité svp
Des ailleurs
En arrière
Quand on n'a que l'amour A offrir en prière
Chez moi, les deux parasols couleur crème s'étendent au-dessus des terrasses blanches. Les hautes fleurs jaunes devant s'ouvrent peu à peu, les jours commençent à ressembler à ce que j'aime de plus en plus. L'herbe est tondue et ça sent bon. J'ai été cueillir des cerises.
Après presque une heure de route cette après-midi, les pins parasol se déployaient au-dessus de nos têtes. Il n'y en a pas chez moi, il faut un peu plus de ce sud, et je suis à chaque fois heureuse de les retrouver. Les pins parasol sont à la fois torturés et doux. Là-bas, on est descendu dans une crypte, on a grimpé de vieilles marches, le jardin à la française était surélevé, les allées maladroites et les buis mal taillés, mais j'ai préféré ça comme ça. Il y avait une longue piscine qu'on devinait au travers des arbuses, j'ai couru un peu, on y descendait par quelques marches, l'esplanade était délicate, on pouvait passer une petite grille pour surplomper le tout. Les façades que j'ai préféré n'avaient pas des airs de château, mais ce goût simple de Provence, ces pierres claires et ce long balcon aux poutres en bois. J'ai peint un moment en plein soleil, fourmis dans les jambes et silence, j'aurais voulu plus, j'aurais voulu savoir dessiner les troncs torturés et les branches qui s'écaillent jusqu'au ciel, j'aurais voulu avoir le temps. J'ai pensé que je reviendrai armée de celui-ci.
Quand certains ont hâte de quitter leurs campagnes, je profite des derniers mois, de l'étendue des vignes, des mas et des pierres claires. Je retiens les couleurs chaudes du carrelage de la maison, de la lumière du matin et de toute cette tendresse.
Il me semble que la nuit dernière, j'étais apaisée. Nous ne nous sommes rien promis.