Votre identité svp
Des ailleurs
En arrière
Rondes larmes
Ce matin, la professeur de grammaire et stylistique a déclaré, "vous êtes presque tous majeurs", j'ai chuchoté "non", mais en fait, il parait que si. La place Bellecour avait des airs d'automne, un type en vélo'v cherchait désespérément une station avec une place libre, l'heure était creuse dans la fin de matinée. J'ai pris le train à 14h19, il n'y avait ni Eve ni les autres, aucun mot partagé entre nos immenses valises, mais un silence presque démesuré.
Parce que dimanche soir, on s'est raconté nos étés et nos rentrées dans la nuit qui tombait, et ces heures là ont oublié celles de route, les couloirs d'hôpital, la voix qui déraille et la peur dans les yeux. Ces heures là ont oublié les coups de fil tard le soir, l'attente d'une réponse, de la venue du chirurgien. Ces heures là ont oublié combien j'ai eu la gorge serrée.
Combien peut-être j'aurais voulu rester là pour être une épaule de plus.
Les thés renversés sur la table de bois, les pinces qui ne tiennent pas dans les cheveux, puis sur un répondeur, je rentre la semaine du dix-huit. Je ne serai pas là. Finalement, ces histoires ne sont pas pour moi, notre rupture
sera passée sous silence, il y a eu les semaines sans aucun timbre
collé, sans la voix de sa mère qui décroche le téléphone. Sans rien.
A ne plus se connaître peut-être que je n'en ai plus rien à faire, mais j'ai des regrets comme des cerfs-volants, avec les ficelles qui abîment mes mains et mes
poignets.
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envole-moi
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Moi aussi c'est place Bellecour et stations vélo'v, dans ma nouvelle vie. (Et puis un peu de larmes, aussi, mais ça... chutt.) J'espère que ça va aller. Et en fait je crois que j'aimerais bien te croiser, par hasard, au coin d'une rue de cette nouvelle vie.
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à 17:43